• A propos
  • M'écrire
  • Facebook
  • Instagram
  • Lutte Nuptiale
  • Premières fois
  • Identités Singulières
  • Twitter
  • 15 avril 2020

    La photo du mois : Vive le printemps !

    12 commentairess
    Bonjour les confinés ! Nous sommes le 15 avril, date qui sonne le rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Le principe de la photo du mois demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le sujet  a été choisi par Renepaulhenry qui nous propose : Vive le printemps.

     Évidemment, avec la contrainte du confinement, le printemps cette année prend une saveur très particulière. Impossible de se rouler dans les près et d'admirer de près les beauté de la nature. Par chance, j'ai pu photographier à portée de semelle - dans les limites de l'autorisation dérogatoire - un très joli signe du printemps qui se déploie de l'autre côté de nos fenêtres.

    Habituellement, je cours au Jardin Japonais de Toulouse pour admirer la floraisons des sakuras, cerisiers ornementaux, qui explosent en ce moment même. J'ai dû pour le coup me contenter du coin de la rue...

    6 avril 2020

    Une semaine sans alcool

    3 commentairess
    Une semaine. Je viens de passer une semaine sans boire une goutte d'alcool. Ni un verre de vin, ni une petite bière fraîche, ni une goutte de ce très bon whisky offert par le frangin à Noël dernier et qui enjolive les soirées devant la télévision. Rien.

    Nulle pénurie derrière tout cela. Ma cave est encore pleine de bouteilles en tous genres. Mais bien une volonté de ma part de limiter ma consommation. Le confinement a, en effet, des conséquences relativement délétères sur l'alimentation en général et la mienne en particulier. On se laisse aller, on grignote à tout moment de la journée, on mange différemment, on cuisine d'avantage, des crêpes, des gâteaux, on boit... et pas seulement de l'eau.

    Je ne crois pas avoir de problème avec l'alcool. Ma consommation est trop épisodique pour cela. Surtout, elle est  éminemment conjoncturelle et elle n'a jamais perturbé ma vie sociale. Néanmoins j'ai conscience que l'état de stress latent dans lequel je baigne depuis bientôt trois semaines peut m'amener à une consommation accrue, comme je l'ai plusieurs fois constaté dans des situations similaires.
     
    L'électrochoc est venu dimanche dernier. En faisant mes courses pour la semaine, j'avais acheté une bouteille de vin rouge que je sais gouleyant. Elle accommoderait très bien les cœurs de canard que j'avais prévu de faire griller le soir. Le résultat fut à la hauteur de mes attentes. Trop, même. Sur fond de live-apéro et d'une bouchée à l'autre, le verres se succédaient lentement. Un sursaut d'orgueil me fit pourtant renoncer à terminer ce qu'il restait dans la bouteille. Je constatais le lendemain qu'il y en avait à peine de quoi remplir un verre...

    Du coup, pourquoi ne pas en profiter pour faire attention ? Je ne m'en porterai certainement que mieux. Épicurien faisant partie des personnes à qui il suffit de regarder une pomme pour prendre 5 Kg ; ayant qui plus est la nourriture comme source de réconfort et l'alcool comme moyen puissant de lâcher prise, la situation actuelle est évidemment propice à tous les excès. Ajoutez à cela une sédentarité contrainte qui m'est peu habituelle, vous obtenez un joli cocktail. 

    Une semaine sans alcool donc. Est-ce que cela me manque ? Non, pas réellement. Je n'ai pas de besoin de boire, ni ne ressens de craving. Lors des repas, cependant, il n'est pas rare que je me dise qu'un petit verre de ceci ou de cela accompagnerait très bien le contenu de mon assiette ou encore mon morceau de fromage. Mais cela ne va pas plus loin. Et c'est une excellente chose.

    Je ne sais pas combien de temps je vais m'astreindre à cette petite ascèse personnelle. En l'état il n'est pas question d'arrêter totalement de boire de l'alcool ni de renoncer aux plaisir d'un bon vin. Cela fait une semaine maintenant, et j'ai envie de poursuivre. Pour voir où cela me mène.

    3 avril 2020

    Promenons-nous autour de chez moi

    2 commentairess
    Confinement oblige, les sorties se font rares et contingentées. Heureusement, il est encore possible de mettre le museau dehors pour aller se dégourdir des guiboles dans un rayon d'un kilomètre. Pour qui a l'habitude de marcher, un kilomètre c'est vraiment pas loin. C'est l'objectif me direz-vous. Mais ça limite sensiblement l'horizon de nos pérégrinations. 

    Alors, suivant les conseils de la petite souris blogueuse et néanmoins copine Nekonezumi, je me suis donc mis à profiter de mon heure quasi-quotidienne de sortie pour aller là où je ne vais jamais :  explorer mon quartier.

    Je l'avais plusieurs fois traversé à la va-vite, sans réellement prendre le temps de le sillonner, un peu comme l'on fait pour tout ce qui est à portée de semelle : on se dit qu'on a le temps, que le jour où l'on voudra le faire on n'aura aucun effort à fournir. Et à force de passer devant sans jamais y être allé, on finit par l'intégrer totalement au décors sans plus attiser la curiosité. Erreur...

    Par chance, une bonne partie de mon secteur est formée d'un dédale de petites rues qui se croisent et se recroisent dans tous les sens. Et, Ô bonheur, elles sont parsemées de petites maisons, édifiées à la fin du XIXe pour certaines, dans les années 70 pour d'autres. Toutes plus mignonnes les unes que les autres, elles possèdent des arbres, des jardins... Le rêve, à prix d'or. En ce moment, la nature reprenant ses droits, les oiseaux y braillent dans tous les sens. Quels punks... 

    Oui oui, vous êtes bien en centre-ville...
    Malheureusement, la pression immobilière à Toulouse est assez phénoménale. Il suffit de se rendre quelques rues plus loin pour s'en rendre compte. Le changement de décors se fait impressionnant. Les barres des années 60 à l'entretien perfectible laissent peu à peu la place à des constructions nouvelles, toutes identiquement laides. Celles bâties à la fin des années 1990 portent déjà les stigmates d'une usure prématurée.

    Au milieu de ce marasme, coincé entre deux entrepôts, un bâtiment à l'abandon depuis des années m'a toujours fasciné. Sa façade parfaitement symétrique impressionne d'emblée. La porte semble condamnée par une plaque en fer. Tout autour, trois niveaux de fenêtres aux volets fermés comme autant d'yeux aux paupières closes, regardent dans le vide. En journée, deux d'entre eux, vraisemblablement entrouverts par le vent, offrent ça et là au regard curieux, des papiers peints à fleurs d'une autre décennie. 

    La maison kifépeur.
    Par endroit, un morceau irrégulier de crépi est tombé, laissant apparaître la brique usée, comme les chairs putréfiées d'un cadavre affleureraient sous la peau en décomposition. Le soir, les ombres noires accentuent davantage encore l'austérité massive de l'ensemble et la sensation oppressante qui s'en dégage. Un décors propice à un film d'horreur... 

    A quelques rues de là, j'eus la surprise de découvrir que la belle maison que j'avais photographiée il y a dix ans, pour ma première contribution à la photo du mois, avait disparu. J'ai cru tout d'abord m'être trompé et avoir bifurqué au mauvais endroit, que ma mémoire me jouait des tours. Mais non. A la place de la jolie maison toulousaine à la frise de faïence art-déco, un trou béant de plusieurs mètres d'où émerge une forêt de tiges et de poutrelles métalliques. Là, pousse un énième immeuble certainement semblable à ceux que l'on voit un peu partout et qui uniformisent les villes. Tristesse...

    Rasée, éliminée, oubliée...
    Oui, tristesse car cette frénésie immobilière grignote peu à peu ce qui fait l'identité des nos villes et villages. Ce qui fait que Toulouse n'est ni Nancy ni Orléans. Or, à l'exception globale des centres-villes protégés en raison de l'effet carte postale bénéfique au tourisme, les petits quartiers sont laissés à la libre loi du marché. Le moins offrant vend au plus cupide. On rase sans remord et on construit sans vergogne. La mémoire s'efface.

    Il paraît que c'est le sens du progrès...

    1 avril 2020

    Poisson pas très frais

    5 commentairess
    Premier avril oblige, les vannes et autres poissons vont bon train sur les réseaux sociaux. En ce qui me concerne, même si l'esprit n'est pas franchement à la rigolade, je reconnais que cela fait ça fait du bien d'avoir une bonne bouffée de déconnade et de bonne humeur. Encore à l'instant je me suis fait prendre au piège par un montage débile envoyé par un ami sur Whatsapp. Rhââââ le salopiaud ! J'ai marché comme un perdreau de l'année...

    Une image d'actualité m'a néanmoins tiré mon premier sourire ce matin :


    Sinon au rang des choses vues ou découvertes ces jours derniers, le goût insoupçonné de Jean-Jacques Rousseau pour la fessée administrée par une femme plus âgée, et le traumatisme d'icelui de s'être quasiment fait éjaculer dessus par un camarade. Je n'invente rien, c'est à lire dans ses Confessions :

    Le lendemain, d’assez bon matin, nous étions tous deux seuls dans la salle d’assemblée ; il recommença ses caresses, mais avec des mouvements si violents qu’il en était effrayant. Enfin il voulut passer par degrés aux privautés les plus choquantes, et me forcer, en disposant de ma main, d’en faire autant. Je me dégageai impétueusement en poussant un cri et faisant un saut en arrière ; et, sans marquer ni indignation ni colère, car je n’avais pas la moindre idée de ce dont il s’agissait, j’exprimai ma surprise et mon dégoût avec tant d’énergie, qu’il me laissa là : mais tandis qu’il achevait de se démener, je vis partir vers la cheminée et tomber à terre je ne sais quoi de gluant et de blanchâtre qui me fit soulever le cœur. Je m’élançai sur le balcon, plus ému, plus troublé, plus effrayé même que je ne l’avais été de ma vie, et prêt à me trouver mal.

    J.-J. Rousseau - Les Confessions, Launette, 1889, Tome 1, Livre second, p.63.

    Le sujet est d'ailleurs très sérieux et donne lieu à tout un tas d'études, thèses et autres colloques, ou encore d'émissions dont celle-ci que je n'ai pas encore écoutée sur France Culture.

    Sinon les jours passent et l'issue de ce grand marasme demeure totalement incertaine. Au dehors les arbres se couvrent de vert et c'est très très relou de devoir rester coincé chez soi, alors que les beaux jours s'installent. On bouffe (trop), on boit (trop) et on ne bouge vraiment pas assez (mais alors pas assez du tout)...

    Vivement que tout ça soit derrière nous !

    30 mars 2020

    Tarte tatin de fenouil

    0 commentaires
    Au commencement est une recette trouvée sur le compte Instagram de @madame_gourmandises_ et que j'ai décidé de tester. Confinement oblige, les fourneaux ont la part belle ce temps-ci. 

    Comme je n'avais pas exactement tous les ingrédients utilisés par la recette originale, j'ai dû un peu adapter. Mais le résultat est aussi beau que délicieux. 

    C'est une recette facile à réaliser et peu chère.

    En revanche, les temps de cuisson sont indicatifs car ils vont dépendre du volume et de la tendreté de votre fenouil. Globalement, comptez entre une heure et une heure trente de préparation. 

    À vos fourneaux ! 
    Ingrédients :
    • 4 ou 5 beaux bulbes de fenouil
    • 1 rouleau de pâte feuilletée
    • 1 cube de bouillon de boeuf
    • Quelques brins de romarin
    • Huile, beurre, sel, poivre.
    • 1 moule à manqué de 25 cm de diamètre (ou un plat rond qui puisse aller au four)

    1/ Le but du jeu est de précuire lentement les fenouils, ce qui prend un certain temps. Commencez par raccourcir les tiges des fenouils et par fendre les bulbes en deux. Puis directement dans le moule que vous placez sur un feu assez vif, versez trois bonne cuillerées à soupe d´huile (d'olive) puis disposez vos bulbes en étoile. Saupoudrez l'équivalent d'une cuillerée à café de brins de romarin frais. 

    2/ Faites cuire à couvert en réduisant beaucoup l'intensité du feu. Évitez de trop toucher les demi-bulbes qui doivent restent entiers (sinon tout va s'éparpiller, ce serait dommage pour la présentation). La cuisson va durer facilement 45 minutes.

    3/ Avec une fouchette, soulevez de temps en temps les bulbes pour vérifier qu'ils n'accrochent pas. Ajoutez une noisette de beurre si besoin.

    4/ Poudrez avec 2 cuillerées à soupe de sucre roux et faites caraméliser tout doucement, toujours à couvert. 

    5/ Au bout d'une demi-heure de cuisson lente, une pointe de couteau doit pénétrer sans trop de difficulté à coeur des bulbes. Émiettez alors un cube de fond de veau sur vos fenouils, toujours disposés en étoile et déglacez avec un peu d'eau pour mouiller un peu. Faites réduire très lentement sans que votre plat ne soit sec. Poivrez.

    6/ Disposez le fond de pâte sur les fenouils, comme une tatin. Ajustez la bordure avec une fouchette pour ne pas vous brûler les doigts.

    7/ Faites cuire à four préchauffé Th° 6- (entre 180°C et 210°C) pendant 30 â 40 minutes, jusqu'à ce que la pâte ait une belle couleur bien dorée.

    8/ Démoulez délicatement et savourez tiède.

    Bon appétit !

    28 mars 2020

    Les Crevettes Pailletées

    3 commentairess
    Réalisé par : Cédric Le Gallo et Maxime Govare.

    Avec : Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul (graou), David Baiot...

    Genre : Zaza Napoli se casse un ongle à la piscine.

    Durée : Assez pour se faire un bon gommage et un petit masque de jour à la verveine.

    Synopsis : Chez les Le Goff, on est pas des pédés. Mathias le sait. Les tarlouses c'est pas sa came. A la maison, on se gratte les couilles dans le canapé en regardant Téléfoot de père en fils. Et les pédés, on les encule.

    Ça tombe bien, le voici propulsé entraîneur des Crevettes Pailletées, un club de water-polo Gay qui envisage de participer aux Gay Games dans quelques semaines. Alors évidemment, se faire mater le cul sous les douches, ça l'enchante moyen moyen à Mathias... 

    Lui son truc c'est plutôt les tapes viriles dans le dos en riant très fort et boire de la bière à Munich en écoutant du Georges Michael.

    Alors, armé de son plus beau jockstrap à paillettes, il va leur montrer, aux tarlouses, comment ça s'entraine, un vrai mec. 

    Gentlemen, start your engines, and may the best woman win !

    Extraits (attention, divulgachage) :
    - Alors les pédés, ça baigne ? (pfrrrrrr lol)
    - Hoooooooou mais il est à qui ce petit cul ?
    - Attention les loulous, j'arriiiiive !
    ♪♫ Cover girl ♪
    - Dis papa, pourquoi je suis pas un garçon ?
    - Ma chewiiiiiiii mais ça va pas du tout là !
    ♪♫ Put the bass in your walk ♫♪
    - Tonton pourquoi tu tousses ?
    - A moi la grosse baballe ! youhooooou
    ♫ Head to toe let your whole body talk ♪
    - Tous ensemble on est plus fort que tout seul - Han c'est trô bô c'que tu dis...
    L'avis de la rédaction : Profitant de ce que Canal+ soit en clair pendant quelques temps, j'ai enfin pu voir le film Les Crevettes Pailletées que j'avais raté lors de sa sortie en salle voici presque un an. J'en avais entendu sur le moment pas mal de propos élogieux. Me restait donc à me faire ma propre opinion.

    Bon... Comment dire que j'ai été très gêné dès les première minutes ?

    D'emblée le décors est posé de manière totalement bancale. Le film démarre en effet par une enfilade de clichés éculés que l'on croyait impossibles depuis les pires sketches de Muriel Robin sur le sujet. Alors, oui les pédés font de l'humour gras à base de cul, tout comme les hétéros ; oui un certain nombre ont une bite à la place du cerveau, comme les hétéros. Était-ce une raison pour nous infliger un premier tableau aussi calamiteux ? Suis-je bête, c'est de l'humour, c'est une comédie. Trop drôle en effet. J'en ai encore mal aux côtes.

    Passé ce premier chapitre dont les relents se propageront tout au long de l'heure quarante que dure le film, un sentiment de déjà-vu m'a rapidement gagné. Oui, encore une histoire d'équipe de losers qui va, contre vents et marées, tenter de gagner la plus haute marche du podium. Et encore une histoire de méchant homophobe qui va trouver que finalement les tarlouses ne sont pas si infréquentables que cela. So déjà-vu...

    Oui mais là c'est des losers LGBT+ darling ! Oui mais déjà-vu mille fois quand même ! Car le film emprunte abondemment à un genre déjà très richement pourvu. Il m'a été difficile de ne pas immédiatement penser à tout un tas de réussistes sur ce thème-là : Priscilla folle du désert pour le plus connu, To Wong Foo Thanks for Everything, Julie Newmar encore appelé Extravagances et qu'il faut vraiment revoir, ou encore l'excellentissime Little Miss Sunshine qui est un véritable bijou de feelgooditude et que je recommande à tout le monde... Pour l'originalité, on repassera.

    Quant aux personnages, bon, il y a quelques jolis graous dans le lot et ils s'en sortent plutôt bien pour donner vie au groupe. C'est toujours ça qui suscitera un vague intérêt au film. Mais bordel de nom de Zeux, ils ont la profondeur psychologique d'une vieille molaire déchaussée ! 

    C'est vraiment dommage de ne pas avoir creusé davantage le propos sur lequel il y avait pourtant une matière quasi-infinie. Si l'objectif du film était de rattacher un large public à la cause LGBT+ il aurait été certainement intéressant de permettre au plus grand nombre de s'identifier aux protagonistes. 

    Alors oui, on apprend qu'untel a eu le cœur brisé et ne s'en remet pas (mais par qui ? pourquoi ? que vit-il du coup ?) ; que tel autre est papa et cherche sa place (oui, mais comment il les a eus ses gosses ? et comment gère-t-il son couple ? et quel regard son entourage porte-t-il sur lui et son couple ?) ; ou que celui-là est "vieux" (oui mais ça veut dire quoi concrètement ? c'est quoi sa vie sentimentale ? quels sont ses rêves d'amour ? pourquoi est-il célibataire ?)... 

    Bref un demi-milliard de questions qui auraient donné un tout autre relief à ce film qui reste totalement en surface des choses. C'est vraiment, vraiment dommage.

    En revanche, on a du pédé jeune mais globalement bien foutu (pas un seul pédé gros ni obèse... comme si ça n'existait pas), on a du pédé qui ment à son mec pour aller faire la fiesta (bravo l'exemple), on a du pédé qui prend de la drogue en soirée mais que ça ne lui fait pas mal du tout à la tête le lendemain (bravo le message de santé publique), on a un transsexuel pour avoir le certificat LGBT+ bien comme il faut (mais qui est tout aussi creux que ses coreligionnaires), et un petit peu de drame quand-même pour faire pleurer le spectateur. Mais, attention, une maladie propre, pas question de Sida ou de VIH (ça n'existe plus voyons). Ha et une petite agression aussi. Mais tout petite, hein, n'éffayons pas les foules. Un coup de fond de teint et tout rentre dans l'ordre.

    Gênant, gênant gênant...

    Pour résumer : Sur fond de road-movie mal ficelé, Les Crevette Pailletées s'engage sur le terrain périlleux de la comédie pour essayer de nous arracher un rire au forceps. Tout au long d'un scénario prévisible cousu de fil blanc, les personnages artificiels racontent une histoire qui prend laborieusement.

    Sashay Away...

    Note finale : Bouée canard dégonflée. 

    25 mars 2020

    Mardi 25 mars 2020

    8 commentairess
    Deuxième semaine de confinement. D'autres s'en viennent en silence. A l'instar de mes coreligionnaires blogueurs, j'aimerais pouvoir écrire ce que je fais, comment je passe mes journées, ce que je ressens, pour pouvoir le relire dans quelques mois, lorsque tout cela sera derrière nous et que l'on aura pris un peu de recul. Je n'y parviens pas. 

    En ouvrant cette page blanche j'avais des brides d'idées qui se sont aussitôt évaporées dès que mes mains se sont posées sur le clavier. Aucune ligne directrice. Aucune vision claire de quoi que ce soit. A l'image de mon manque total de visibilité sur ce qu'il adviendra.

    Le temps s'écoule selon un rythme mou, loin de l'agitation habituelle et des rebondissements multiples qui émaillent ordinairement mes journées. Pour autant l'ennui n'a pas encore pris racine. Il me reste quelques dossiers sur lesquels je peux travailler encore plusieurs jours. Et j'ai la chance que mon boulot m'a contraint de sortir plusieurs fois, créant autant d'opportunités pour prendre un grand bol d'air. Quelques minutes sous le soleil qui s'étire fort dans le ciel en ce printemps naissant. Hélas les pages uniformément ivoire de mon agenda annoncent la raréfaction prochaine de ces escapades qui sont tout autant d'occasions de discuter de vive voix avec mes semblables. 

    Ce matin après avoir fait ma vaisselle, j'ai préparé un petit saladier de pâte à crêpes. J'en cuirai quelques unes ce soir que je savourerai devant une émission de télévision en papouillant les chats qui m'abreuvent de leurs ronrons. Se réfugier dans les petits plaisirs simples que chaque jour peut nous offrir. Et attendre que passe la tempête. C'est pour l'instant tout ce qu'il nous reste.

    Faire du ménage, ranger, prendre soin de son intérieur, jouer avec les chats, mettre à profit le temps mutuellement disponible pour discuter avec ses amis, prendre de leurs nouvelles, savoir qu'ils vont bien, qu'ils sont prudents. Réinventer les moyens d'être ensemble malgré la distance et se rendre compte d'à quel point nous sommes des êtres sociaux.

    Nous permettre collectivement de redécouvrir l'intensité de certains plaisirs simples ; que le bonheur ne repose pas uniquement sur l'argent ; et de redéfinir nos sens des priorités. Ce sera peut-être l'un des points positifs de cette période.

    Et ce sera beaucoup.

    Relax, nothing is under control.

    19 mars 2020

    Un saut dans l'inconnu

    10 commentairess
    Étrange époque que celle-ci. Oui, étrange époque. Qui aurait pu prédire il y a seulement quelques semaines que nous en serions-là ? Qui aurait pu imaginer que tout le pays, et avec lui une part importante de la population mondiale, serait barricadé chez lui, comme nous le faisons depuis lundi ? 

    J'avoue être totalement dérouté par ce qui est en train de se produire. Et mon inquiétude du lendemain est grande. Mon activité professionnelle sera au point mort dans quelques jours. Je n'aurai aucune rentrée financière pendant plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois... Heureusement j'ai quelques économies pour tenir et je lis, ici et là, que des aides sont en train d'être mises en place. Mais d'un autre côté, je me rends compte que c'est la même chose pour un très grand nombre d'entre nous et que nous partageons tous les mêmes craintes face à cet océan d'inconnu. Cela ne résout rien mais cela aide à supporter, à lâcher prise et à accepter avec un certain fatalisme ce qu'il est en train de se passer. 

    Relax, nothing is under control, pour reprendre le conseil que m'avait donné un ami blogueur il y a quelques années...

    Car ce qui nous arrive est totalement inédit. Seuls les parents des plus âgés d'entre nous ont, et pour une petite partie d'entre eux seulement, véritablement vécu le confinement et le couvre-feu. Et dans un contexte très différent. Personne ne sait exactement de quoi demain sera fait. Personne ne peut mesurer les conséquences d'un arrêt quasi total de l'activité économique. Les artisans sont désœuvrés, les commerces fermés. Des bus remplis de fantômes sillonnent des villes désertes. Des avions vides se heurtent aux frontières fermées de pays léthargiques. Gel des loyers, gel des charges, chômage partiel... Le panorama est sidérant.

    Régulièrement je souris en pensant que H.G.Wells (dont je publiais avant hier un petit extrait), King et d'autres avaient raison. Contrairement à ce que nous pouvions imaginer, la plus grande menace contemporaine contre l'humanité n'était pas celle que l'on croyait. Nulle menace d'un pays en cours de militarisation. Nul cataclysme climatique. Nulle astéroïde géante se fracassant sur Terre. Non. Il aura suffi d'un virus. Un tout petit virus, pour mettre la planète à l'arrêt. Un "microbe" dont Pagnol raconte que sa mère avait déjà une peur bleue lorsque son père revenait de chez l'antiquaire avec l'un de ces objets rares dont il avait le secret : 

    (...)
    Chaque mois, lorsqu'il revenait de « toucher son mandat » à la mairie, il rapportait quelques merveilles : une muselière crevée (0 fr. 50), un compas diviseur épointé (1 fr. 50), un archet de contrebasse (1 fr.), une scie de chirurgien (2 fr.), une longue-vue de marine où l'on voyait tout à l'envers (3 fr.), un couteau à scalper (2 fr.), un cor de chasse un peu ovalisé, avec une embouchure de trombone (3 fr.), sans parler d'objets mystérieux, dont personne n'avait jamais pu trouver l'usage, et qui traînaient un peu partout dans la maison. Ces arrivages mensuels étaient, pour Paul et pour moi, une véritable fête. Ma mère ne partageait pas notre enthousiasme. Elle regardait, stupéfaite, l'arc des îles Fidji, ou l'altimètre de précision, dont l'aiguille, montée un jour à 4 000 mètres (à la suite d'une ascension du mont Blanc, ou d'une chute dans un escalier) n'en voulut jamais redescendre. Alors, elle disait avec force : « Surtout, que les enfants ne touchent pas à ça ! »
    Elle courait à la cuisine, et revenait avec de l'alcool, de l'eau de Javel, des cristaux de soude, et elle frottait longuement ces épaves.
    Il faut dire qu'à cette époque, les microbes étaient tout neufs, puisque le grand Pasteur venait à peine de les inventer, et elle les imaginait comme de très petits tigres, prêts à nous dévorer par l'intérieur.
    Tout en secouant le cor de chasse, qu'elle avait rempli d'eau de Javel, elle disait, d'un air navré : « Je me demande, mon pauvre Joseph, ce que tu veux faire de cette saleté ! »
    Le pauvre Joseph, triomphant, répondait simplement : « Trois francs ! » 
    (...)
    M. Pagnol, La gloire de mon père

    Depuis quelques jours, je ne peux m'empêcher de penser à cette scène du duel entre Merlin et Madame Mim. Le premier piège celle-là, devenue dragon, en se métamorphosant  en virus de la grippe, hu hu hu...



    Lorsque nous serons passé à travers, que restera-t-il de tout cela ? Serons-nous plus sage ? Saurons nous changer de logiciel et remettre notre mode de fonctionnement en cause ?

    A la suite de Jean-Louis Aubert, Ydikoi rêve d'un nouveau monde. Je suis pour ma part beaucoup plus réservé et pense que rien ne va changer. J'espère me tromper lourdement en écrivant cela. Mais je n'ai aucun espoir d'un monde meilleur. Parce que je doute que les grands levier du capitalisme aient la moindre volonté de renoncer à ce qui leur confère leur position oligarchique.

    Parce que changer de modèle suppose de lourds renoncements dont je doute que nous soyons tous réellement prêts à subir.  L'impréparation totale de notre pays pour faire face à ce genre de crise, le manque criant de moyens à tous les niveaux, pour une épidémie passagère, alors que nous devons faire face à des bouleversements encore plus colossaux engendrés par le réchauffement climatique, ne m'incitent pas à l'optimisme. Et j'entends déjà nos responsables se féliciter de notre réussite collective avec si peu de moyens, preuve que faire plus n'est pas nécessaire. Nous verrons bien. J'espère néanmoins que nous aurons assez de mémoire pour nous souvenir de ce qu'il s'est passé et en tirer collectivement des leçons.

    Pour l'instant, je m'escrime à essayer de vivre au jour de le jour dans mon appartement toulousain, reclus avec les chats-minous qui me supportent avec une patience qui force l'admiration. Faute de véritable vie sociale, demeurer en contact avec mes amis et mes proches me fait du bien. Leur parler, leur écrire, avoir de leurs nouvelles, rire un peu... Oui, cela aide à ne pas perdre la boule en pensant à l'avenir dont personne ne sait de quoi il sera fait.

    Parallèlement, pour ne pas sombrer dans l'angoisse la plus totale, je limite les réseaux sociaux qui ont tendance à devenir terriblement anxiogènes. De même, je limite la télévision au strict minimum et me contente de la radio publique qui a l'avantage de pouvoir être écoutée dans être prostré dans le canapé.

    Et il y a les blogs, aussi, qui permettent de garder un autre œil sur la planète. Je signale au passage celui de Laurent alias Des fraises et de la tendresse qui a eu la bonne idée de commencer un journal de bord. Hé oui, comme le relève Matoo, la vie fourmille à nouveau sur les blogs. Et puis en regardant dans ma liste de blogs, je vois qu'un certain nombre s'est pris à l'exercice du journal quotidien : Estef, Renépaulhenri...  La vie sociale se virtualise pour mieux lutter ensemble et nous faire mieux sentir que, malgré la distance, nous voguons à l'unisson d'un même frêle esquif à destination de demain.

    17 mars 2020

    Relisons H. G. Wells

    0 commentaires
    (...)
    À mi-chemin de la gare de St. John’s Wood, je trouvai soudain les restes d’une machine à mains. D’abord, je crus qu’une maison s’était écroulée en travers de la route, et ce ne fut qu’en escaladant les ruines que j’aperçus, avec un sursaut, le monstre mécanique, avec ses tentacules rompus, tordus, faussés, gisant au milieu des dégâts qu’il avait faits. L’avant-corps était fracassé, comme si la machine s’était heurtée en aveugle contre la maison et qu’elle eût été écrasée par sa chute. Il me vint alors à l’idée que le mécanisme avait dû échapper au contrôle du Martien qui l’habitait. Il y aurait eu quelque danger à grimper sur ces ruines pour l’examiner de près, et le crépuscule était déjà si avancé qu’il me fut difficile même de voir le siège de la machine tout barbouillé du sang et des restes cartilagineux du Martien que les chiens avaient abandonnés.

    Plus surpris que jamais par tous ces spectacles, je continuai mon chemin vers Primrose Hill. Au loin, par une trouée entre les arbres, j’aperçus un second Martien, debout et silencieux, dans le parc, près des Jardins zoologiques. Un peu au-delà des ruines de la machine à mains, je tombai de nouveau au milieu de l’Herbe Rouge, et le canal1 n’était qu’une masse spongieuse de végétaux rouge sombre.

    Soudain, comme je traversais le pont, les lamentables oulla, oulla, oulla, cessèrent, coupés, supprimés d’un seul geste pour ainsi dire, et le silence tomba comme un coup de tonnerre.

    Les hautes maisons, autour de moi, étaient imprécises et vagues ; les arbres du côté du parc s’obscurcissaient. Partout, l’Herbe Rouge envahissait les ruines, se tordant et s’enchevêtrant pour me submerger. La Nuit, mère de la peur et du mystère, m’enveloppait. Tant que j’avais entendu la voix lamentable, la solitude et la désolation avaient été tolérables ; à cause d’elles, Londres avait paru vivre encore, et cette illusion de vie m’avait soutenu. Puis, tout à coup, un changement, le passage de je ne sais quoi, et un silence, une mort qu’on pouvait toucher, et rien autre que cette paix mortelle.

    Toute la ville semblait me regarder avec des yeux de spectre. Les fenêtres des maisons blanches étaient des orbites vides dans des crânes, et mon imagination m’entourait de mille ennemis silencieux. La terreur, l’horreur de ma témérité s’emparèrent de moi. La rue qu’il me fallait suivre devint affreusement noire, comme un flot de goudron, et j’aperçus, au milieu du passage, une forme contorsionnée. Je ne pus me résoudre à m’avancer plus loin. Je tournai par la rue de St. John’s Wood et, à toutes jambes, je m’enfuis vers Kilburn, loin de cette intolérable tranquillité. Je me cachai, pour échapper à l’obscurité et au silence, jusque bien longtemps après minuit, dans le kiosque d’une station de voitures de Harrow Road. Mais avant l’aube, mon courage me revint, et, les étoiles scintillant encore au ciel, je repris le chemin de Regent’s Park. Je me perdis dans la confusion des rues, mais j’aperçus bientôt, au bout d’une longue avenue, la pente de Primrose Hill. Au sommet de la colline, se dressant jusqu’aux étoiles qui pâlissaient, était un troisième Martien, debout et immobile comme les autres.

    Une volonté insensée me poussait. Je voulais en finir, dussé-je y rester, et je voulais même m’épargner la peine de me tuer de ma propre main. Je m’avançai insouciant vers le Titan ; comme j’approchais et que l’aube devenait plus claire, je vis une multitude de corbeaux qui s’attroupaient et volaient en cercles autour du capuchon de la machine. À cette vue, mon coeur bondit et je me mis à courir.

    Je traversai précipitamment un fourré d’Herbe Rouge qui obstruait St. Edmund’s Terrace, barbotai, jusqu’à mi-corps, dans un torrent qui s’échappait des réservoirs de distribution des eaux, et avant que le soleil ne se fût levé, je débouchai sur les pelouses. Au sommet de la colline, d’énormes tas de terre avaient été remués, formant une sorte de formidable redoute : c’était le dernier et le plus grand des camps qu’établirent les Martiens. De derrière ces retranchements, une mince colonne de fumée montait vers le ciel. Contre l’horizon, un chien avide passa et disparut. La pensée qui m’avait frappé devenait réelle, devenait croyable. Je ne ressentais aucune crainte, mais seulement une folle exultation qui me faisait frissonner, tandis que je gravissais, en courant, la colline vers le monstre immobile. Hors du capuchon, pendaient des lambeaux bruns et flasques que les oiseaux carnassiers déchiraient à coups de bec.

    En un instant, j’eus escaladé le rempart de terre, et, debout sur la crête, je pus voir l’intérieur de la redoute ; c’était un vaste espace où gisaient, en désordre, des mécanismes gigantesques, des monceaux énormes de matériaux et des abris d’une étrange sorte. Puis, épars çà et là, quelques-uns dans leurs machines de guerre renversées ou dans les machines à mains, rigides maintenant, et une douzaine d’autres silencieux, roides et alignés, étaient des Martiens – morts – tués par les bacilles des contagions et des putréfactions, contre lesquels leurs systèmes n’étaient pas préparés ; tués comme l’était l’Herbe Rouge, tués, après l’échec de tous les moyens humains de défense, par les infimes créatures que la divinité, dans sa sagesse, a placées sur la Terre.

    Car tel était le résultat, comme j’aurais pu d’ailleurs, ainsi que bien d’autres, le prévoir, si l’épouvante n’avait pas affolé nos esprits. Les germes des maladies ont, depuis le commencement des choses, prélevé leur tribut sur l’humanité – sur nos ancêtres préhistoriques, dès l’apparition de toute vie. Mais, en vertu de la sélection naturelle, notre espèce a depuis lors développé sa force de résistance ; nous ne succombons à aucun de ces germes, sans une longue lutte, et contre certains autres – ceux, par exemple, qui amènent la putréfaction des matières mortes – notre carcasse vivante jouit de l’immunité. Mais il n’y a pas, dans la planète Mars, la moindre bactérie, et dès que nos envahisseurs Martiens arrivèrent, aussitôt qu’ils absorbèrent de la nourriture, nos alliés microscopiques se mirent à l’œuvre pour leur ruine. Quand je les avais vus et examinés, ils étaient déjà irrévocablement condamnés, mourant et se corrompant, à mesure qu’ils s’agitaient. C’était inévitable. L’homme a payé, au prix de millions et de millions de morts, sa possession héréditaire du globe terrestre : il lui appartient contre tous les intrus, et il serait encore à lui, même si les Martiens étaient dix fois plus puissants. Car l’homme ne vit ni ne meurt en vain.

    Les Martiens, une cinquantaine en tout, étaient là, épars, dans l’immense fosse qu’ils avaient creusée, surpris par une mort qui dut leur sembler absolument incompréhensible. Moi-même, alors, je n’en devinais pas la cause. Tout ce que je savais, c’est que ces êtres, qui avaient été vivants et si terribles pour les hommes, étaient morts. Un instant, je m’imaginai que la destruction de Sennachérib1 s’était reproduite : Dieu s’était repenti, et l’ange de la mort les avait frappés pendant la nuit.

    Je restais là debout, contemplant le gouffre. Soudain, le soleil levant enflamma le monde de ses rayons étincelants, et mon cœur bondit de joie. La fosse était encore obscure ; les formidables engins, d’une puissance et d’une complexité si grandes et si surprenantes, si peu terrestres par leurs formes tortueuses et bizarres, montaient, sinistres, étranges et vagues, hors des ténèbres, vers la lumière. J’entendais une multitude de chiens qui se battaient autour des cadavres, gisant dans l’ombre, au fond de la cavité. Sur l’autre bord, plate, vaste et insolite, était la grande machine volante qu’ils expérimentaient dans notre atmosphère plus dense, quand la maladie et la mort les avaient arrêtés. Et cette mort ne venait pas trop tôt. Un croassement me fit lever la tête, et mes regards rencontrèrent l’immense machine de guerre, qui ne combattrait plus jamais, et les lambeaux de chair rougeâtre qui pendaient des sièges des machines renversées, sur le sommet de Primrose Hill.

    Me tournant vers le bas de la pente, j’aperçus, auréolés de vols de corbeaux, les deux autres géants que j’avais vus la veille, et tels encore que la mort les avait surpris. Celui dont j’avais entendu les cris et les appels était mort. Peut-être fut-il le dernier à mourir, et son gémissement s’était continué sans interruption jusqu’à l’épuisement de la force qui activait sa machine. Maintenant, tripodes inoffensifs de métal brillant, ils étincelaient dans la gloire du soleil levant.
    (...)
    Herbert Georges Wells - La Guerre des mondes - 1899
    Livre second : La Terre au pouvoir des Martiens - VIII : Londres mort

    15 mars 2020

    La photo du mois : Monochrome

    9 commentairess
    Précautions Coronavid19

    Conformément aux mesures de confinement sanitaire préconisées par le Gouvernement, nous recommandons de nettoyer méticuleusement votre écran et votre clavier avant la lecture de ce billet. 


    Nous vous remercions pour votre compréhension et votre coopération.


    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Mars 2020 et malgré cette période un peu bizarre, c'est bel et bien l'heure de notre habituel rendez-vous avec La photo du mois.

    Nonobstant le vent de panique qui souffle sur l'hexagone et quelques autres pays de plus en plus nombreux, le principe de la photo du mois demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, Magda627 a choisi de faire plancher le groupe sur le thème : Monochrome ou une seule couleur.

    Le sujet semblait facile de premier abord mais en pratique il s'est révélé coriace. J'avais beaucoup d'idées que je n'ai pas eu le temps de mettre en oeuvre, faute de m'y être pris suffisamment tôt. Et puis il fallait choisir une couleur... Le blanc est-il une couleur ? Quand au noir, Soulages a relativement épuisé la question...

    Je me suis donc rabattu sur une autre couleur, plutôt printanière, avec une photo faite de bric et de broc dans ma cuisine (on sous-estime beaucoup trop la cuisine comme lieu d'inspiration).


    Et hop ! Je pense être dans le thème.

    Avec l'aimable participation de Picou le cactus qui s'est docilement prêté au jeu, contrairement aux chats-minous beaucoup trop affairés à chasser le moucheron sauvage. Et puis, à l'instar de l'effet gyroscopique, les chats-minous ne monochromisent pas du tout. Bon...

    Profitez du confinement pour aller vois les réalisation des copains qui participent aussi à la Photo du mois: Akaieric, Betty, Blogoth67, Brindille, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, USofParis, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.