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  • 8 avril 2010

    Epopée Brésilienne - Episode 8 : Rio de Janeiro (partie 2)

    Cela fait bientôt deux semaines que nous sommes arrivés au Brésil, pays que nous arpentons au pas de charge tel un commando en mission. La fatigue commence à se faire sentir dans les troupes et l'heure du grand retour approche à grands pas. Heureusement il tourbillon de l'émerveillement nous maintient alertes, avides de faire le plein de nouveautés dont nous nous abreuvons quotidiennement.

    Ce jour là nous prenons le large. Enfin, dans un premier temps nous nous efforçons de quitter Rio en proie à de terribles embouteillages. Normal pour ce jour férié durant lequel la vie de la ville s'arrête, donnant lieu à un exode massif de la population. Nous mettons presque deux heures à rejoindre, à l'Ouest de Rio, le petit port de  Itacuruça où nous attend notre goélette. Comme tous les jours ici, le traditionnel soleil de plomb couronne le bleu du ciel dans une chaleur enivrante, ponctuée en fin de journée par un violent orage tropical qui apporte une trêve de fraicheur. En attendant, il va falloir se tartiner de crème solaire pour ne pas finir encore plus cramoisis que nous ne le sommes déjà.  Je sens que la journée va être belle ; je n'imaginais pas à quel point mon pressentiment était en deçà de la réalité.

    Nous embarquons à bord d'un joli petit navire qui avait déjà bien navigué (ohé ohé) et prenons aussitôt le large à la découverte d'un archipel de petites îles disséminées sur plusieurs baies.Voguant parmi les eaux tranquilles et profitant de l'open bar, je m'adosse au cordage et, sirotant une cahipirina aussi fraîche que copieusement dosée, me laisse bercer par le ronronnement sourd du moteur et le clapotement des vaguelettes contre la coque. Le décors est paradisiaque, l'instant savoureux. A perte de vue des îles à la verdoyance sauvage ponctuent, de leur immobilité rassurante, le calme étincelant des eaux. 


    Au bout d'une grosse demi heure, nous faisons halte non loin d'une petite crique. Le capitaine arrime l'échelle par dessus bord et nous nous jetons à l'eau. Elle est chaude à souhait. En quelques minutes nous gagnons le rivage de sable blanc. Il fait si bon ici. Et dire que pendant ce temps, Toulouse est sous la neige ! (nous sommes fin janvier).

    De retour à bord, toujours une cahipirina à la main, notre embarcation lève l'ancre et reprend son paisible cheminement. Bientôt nous accostons à un ponton au bout duquel nous attend un fragment de paradis où nous allons passer quelques heures éternelles. Tout d'abord le repas frugal de viandes grillées de toutes sortes et savoureux fruits exotiques mûrs à point pris à l'ombre d'immense terrasse couverte. Puis une inaccessible petite plage privée réservée à notre seul privilège nous offre ses charmes. A cet instant précis, tout est parfait : le calme de l'air, la chaleur de l'eau, la caresse d'une légère brise sur la peau, les chants des oiseaux...  Qu'il est bon de s'abandonner à la nonchalance de la torpeur estivale !


    Ô temps! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !
    Les vers de Lamartine résonnent en moi tels une litanie païenne, vaine supplique, car déclinant du zénith vers le point d'horizon, le soleil marque l'heure du retour, mettant un terme à cette parenthèse aux saveurs d'Eden. il nous faut dire au revoir à ce havre de paix. L'heure du grand retour vers la France est proche...

    Le lendemain matin, après une bonne nuit bercée de rêves idylliques, je me réveille aux aurores en pleine forme. J'en profite pour faire quelques derniers clichés et savourer égoïstement la beauté étourdissante du lever de soleil sur Copa Cabana. C'est vraiment magnifique. Et l'océan si calme. A ma droite un arc en ciel  s'élance vers l'infini. Je reste là, sur la terrasse de la chambre a contempler la beauté simple de la nature et savourant mon privilège d'être là où je suis en ce moment de l'année, avant de prendre la direction de la plage pour une ultime baignade.


    Nous quittons définitivement notre hôtel cette fois ci, l'aéroport nous attends à quelques kilomètres de là. Mais avant de nous envoler nous refaisons un dernier tour de Rio et nous arrêtons dans un parc d'où l'on peut admirer avec le recul suffisant le Pain de Sucre gravi quelques jours plus tôt. Tandis que les autres font des photos de groupe, j'en profite pour m'échapper subrepticement et prendre en photo les fruits et fleurs d'un arbre indigène que l'on voit ici un peu partout comme à Toulouse les platanes :  l'abricot des singes. Il s'agit d'un énorme fruit dont les singes raffolent. La floraison est assez particulière, presque à même le tronc,  qui donne des fleurs plus grosses qu'une balle de tennis, mais sans odeur particulière.


    Serrés pas le timing très chronométré, nous repartons tantôt avant de faire la toute dernière halte de ce séjour déjà riche en découvertes, pour ce qui devait être le clou du spectacle de cette dernière journée : le Temple absolu du sport national Brésilien. Non, pas la chirurgie esthétique... LE FOOT !! Hé oui, nous voici face au célébrississime stade Maracana que nous visitons dans la foulée, hop hop hop, on ne perd par de temps ! Je ne vous apprends rien en vous disant que le football est au Brésil érigé en quasi-religion. Tout espace public non destiné à la circulation devient d'autorité un terrain de foot. D'ailleurs, comme on peut le voir sur cette photo publiée dans le billet précédent, presque toutes les plages (Copa Cabana et Ipanema en l'occurence) sont équipées de dizaines de cages but fixes.
    Bon, soyons honnêtes, cette visite m'a aussi ému qu'une chanson de Lââm... Le foot et moi ne sommes pas les meilleurs amis du monde, il s'en faut de beaucoup. Hé non, je n'aime pas le foot. Il fallait pourtant faire semblant de s'intéresser un minimum, ce qui m'a tout de même - il faut l'avouer - donné  un certain mal. 
    Bah, Maracana, c'est un stade,  autrement dit des gradins qui entourent un rectangle de pelouse verte quoi... il y a des vestiaires, sans joueurs à moitié nus dedans, et des douches toutes aussi dénuées de sportifs en tenue d'Adam... bref, pas l'once du moindre soupçon d'intérêt. Tandis que mes coreligionnaires s'extasient sur les empreintes de pieds laissées par les vedettes du ballon rond dont j'ignorais globalement jusqu'à l'existence, j'erre dans ce twilight-zone imperméable à mes sens me laissant aller à quelques clichés dont j'ignore la valeur.


    Avant de gagner définitivement l'aéroport, nous faisons un ultime détour par le lieu où se déroule le non moins fameux carnaval de Rio dont les préparatifs battaient leur plein. Car il ne faut pas s'y tromper, le carnaval multicolore de Rio que l'on voit à la télévision n'a pas lieu dans les rues de Rio mais dans un quartier spécialement aménagé, une immense rue d'un kilomètre de long bordée de gradins dans lesquels les spectateurs prennent place.


    Le carnaval lui même est l'oeuvre des différentes écoles de samba, dont la terre d'élection n'est autre que les favelas connues chez nous surtout pour leur délinquance exorbitante. Image fausse selon notre guide qui nous a dépeint les favelas sous un tout autre jour, balayant l'image de bidonville que l'on pouvait en avoir. Il s'agit de véritables villages, voire de villes dans la ville (l'une des plus grosses favelas de Rio compte 80.000 habitants) doté de ses propres réseaux de transport, d'hôpitaux, d'écoles et de commerces. Mais des villes hors la loi car construites sans aucune autorisation, sans permis de construire, et raccordées illégalement au gaz, à l'eau ou à l'électricité, ce qui constitue pour leurs habitants un avantage substantiel ! Une phrase m'a marqué que nous a dite notre guide : "Dans les favelas on est souvent pauvres, mais pas miséreux". En effet, certaines favelas sont habitées par une population de classe moyenne qui travaille et gagne correctement sa vie. Les favelas commencent par la construction d'un rez-de-chaussée comportant une ou deux pièces. Puis lorsque l'argent est suffisant, un étage fait son apparition, agencé au gré du volume d'espace disponible entre les immeubles voisins. Le phénomène est tellement ancien et ancré dans la culture brésilienne que même lorsque l'on reloge des habitants de favelas dans des lotissements neufs, l'on voit rapidement apparaître des extensions anarchiques déformant le rectiligne plan initial, ainsi que l'on a pu le constater in situ alors que nous approchions de l'aéroport.

    Bientôt nous parvenons au terminus, tout le monde descend. Dans quelques heures nous atterrirons à Lisbonne. L'heure du retour est arrivée.
    Nous quittons ce pays la tête pleine d'images (sans compter les presque 8Go de photos) et de souvenirs inoubliables. Je ne sais pas si l'occasion me sera donnée de revenir au Brésil. Mais une chose est sûre : plus que jamais j'ai envie de découvrir le monde et ses richesses. Et les projets ne manquent pas.

    FIN

    8 commentaires:

    1. Chemise ouverte au vent... ;)
      Sexy le Tambour Major.

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    2. Je bave de jalousie devant ton petit coin de paradis...
      Puisque c'est ça, je vais aller manger un Bounty.

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    3. Avec le best-of Cristina Cordula sur Youtube en bruit de fond, je te jure que ... j'y étais ! ^^ vraiment !!

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    4. C'est splendide ce voyage. Et je rejoins Ô. d'Evian. le corsaire des mers chaudes a bien du charme sur cette photo.

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    5. @ Ô d'Evian : En revoyant les photos j'ai presque du mal à croire que j'y suis réellement allé. Et pourtant...
      Pour le charme, on fait ce qu'on peut ^^

      @ Bastoche : Qui a dit que c'était difficile de voyager ? Et pourquoi pas faire 1 an d'internat au Brésil ? Allez, zou, on se met au portugais, pas de temps à perdre ! :D

      @ Flavien : Même réponse qu'à Ô d'Evian : on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.

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    6. T'as jamais entendu parler de Ronaldo et de ses démélés avec un(e) trans qui a défrayé la chronique brésilienne il y a un an :-)?
      C'est vrai que c'est un pays attachant j'y retourne ds 3 semaines pour un mois héhé.

      Par contre ce qu'a oublié de te dire ton guide c'est que les favelas sont sous la coupe soit des milicias ( cartels de la drogue) soit des quadrillas ( groupes de policiers ex ou actuels mafieux) et ces groupes font régner une loi d'airain dans les favelas et ceux qui ne veulent pas se plier à leur désirs sont systématiquement abattus. A l'heure actuelle un opération de reconquête est en cours avec hélas beaucoup de morts par balles perdues en provenance aussi bien des bandits que de la police. Tout est loin d'être rose dans les favelas hélas

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    7. Tout était bien jusqu'au mot "FOOT". C'est là que j'ai buggé. À l'instar de Desproges, je hais le foot.

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    8. Maintenant je sais à quoi tu ressembles ^^

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    Bonjour, vous êtes bien chez Tambour Major.

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