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  • 15 mars 2021

    La photo du mois : Les jeux d'enfants

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    Diantre, nous sommes déjà le 15 mars, jour du rendez-vous mensuel avec La photo du mois !

    Ce mois-ci Josette nous proposait de plancher sur le sujet : Les jeux d'enfants. Nous avions pour ce-faire les indications suivantes : 

    « Seul ou avec d’autres, l’enfant qui joue s’amuse mais aussi, il apprend ! C’est du sérieux ! » Vous avez pu l’observer ... sans doute, en cueillir les instants en les photographiant...

    Alors, non, je n'ai pas d'enfants et ne photographie pas les enfants des autres lorsqu'ils jouent. De nos jours c'est un coup à vous conduire tout droit en garde à vue. Et c'est une expérience que je n'ai pas tellement envie de vivre. Je me suis donc contenté d'interpréter, assez sagement le sujet.

    J'ai voulu ma photo sombre et un peu inquiétante, comme dans un film d'épouvante. Si seulement j'avais eu un ballon rouge à attacher dans ce décors...


    La photo du mois continue chez les autres participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Le souffleur de mots, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Tambour Major, Xoliv'.

    7 mars 2021

    Dimanche 7 mars

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    La semaine que je redoutais est maintenant derrière moi. Bien qu'éprouvante elle ne fut pas aussi terrible que ça, en définitive, en dépit de quelques séquences désagréables dont je me faisais une montagne et qui m'ont demandé beaucoup d'énergie. Ne pas avoir pris assez de congés à Noël et ne pas m'être reposé suffisamment me joue désormais des tours : mon travail me poursuit dans mes rêves, le stress s'accumule sans que je réussisse à l'éliminer, et j'ai du mal à prendre du recul sur mes dossiers. Le besoin de vacances est là, c'est indéniable. J'ai donc posé une semaine, à Pâques, dans un mois. Impossible de faire avant. 

    La perspective d'un peu de repos donne une bouffée d'espoir, c'est déjà ça. Car il est bien difficile de se projeter, de prévoir ne serait-ce qu'à quelques mois, tant tout peut changer du jour au lendemain. J'admire l'inconscience de ceux qui continuent de voyager malgré le contexte actuel. Ou je les plains. Je ne sais pas trop.

    Du coup je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de cette semaine. J'aimerais bien quitter Toulouse quelques jours pour changer d'air et me ressourcer. Peut-être à la montagne, peut-être tout simplement chez mes parents. A moins que je ne parte quelques jours au Pays Basque ou que ne retourne en Auvergne où j'étais l'été dernier ? C'est encore loin mais il me faut y songer. J'aimerais beaucoup aller en Bretagne, que je ne connais pas du tout. Explorer les villages de pêcheurs, parcourir la campagne, voir les dolmens, découvrir les paysages magnifiques que j'admire sur les blogs des copains et sur leur Instagram. Depuis Toulouse c'est un peu court pour une semaine, au regard de la distance. Cela reste un joli projet pour cet été, si la crise sanitaire le permet.

    En attendant que tout aille mieux, je me suis commandé un rameur que j'ai reçu hier. Une petite machine pour faire un peu de sport, alors que toutes les salles sont fermées et qu'aucune date n'est pour l'instant annoncée. Et que selon toute vraisemblance, aucune date ne sera annoncée avant longtemps. Ce n'est pas l'engin de compétition que je voulais : l'usine en question est fermée depuis des mois et le produit est en rupture de stock mondiale, ce qui signifie qu'il n'y aura aucun réapprovisionnement avant très longtemps. Néanmoins le premier essai effectué ce matin est concluant. J'aimerais bien inscrire vingt minutes de rameur par jour dans ma routine du matin. Pendant l'effort, on ne pense à rien. On se focalise sur son effort, sur la respiration, sur le geste. On oublie tout le reste, qui n'a pas sa place. Pas de téléphone à tripoter, pas de réseaux sociaux qui interfèrent. Rien que l'effort et la volonté d'aller au bout. Et contrairement aux réseaux sociaux, pendant l'effort, personne ne ment, il n'y qu'une vérité : ça passe ou ça casse. C'est sans chichis. C'est ce que plait dans l'activité physique.C'est une sensation très agréable, simple, authentique.

    Authentique comme cette petite mamie, Eudoxie, qui raconte combien elle est heureuse depuis que son mari est mort. Nous sommes en 1965, je suis né treize ans après. Elle aurait pu être l'une de mes grand-mère, dont c'est aujourd'hui la fête...

    28 février 2021

    Ainsi s'achève Février

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    Vendredi soir j'avais quitté mon bureau l'ordinateur en bandoulière et la tête pleine d'ambitions. Terminer cet article qu'il me faut rendre, avancer ce dossier, lire ce bouquin qui traine sur ma table de nuit depuis 6 mois, et finir de lire cet autre dossier. Deux jours. C'était plus qu'il n'en fallait pour engloutir cette masse de travail avant de recommencer la semaine sur les chapeaux de roues. 

    Deux jours que j'avais décidé de passer à la campagne, chez mes parents partis en vadrouille. M'isoler au milieu des champs, profiter de la maison, du chat, du chien, et d'un calme absolu pour travailler. 

    Au final, je n'ai rien, mais a.b.s.o.l.u.m.e.n.t rien foutu. L'ordinateur est resté dans sa sacoche, avec dossiers et bouquins. Le dossier urgent n'a pas avancé d'une virgule. Seul l'agenda a vu la lumière du jour, pour noter un rendez-vous. Et... c'est tout.

    Et je dois dire que ne rien faire est le meilleure chose que je pouvais faire. Me lever au petit jour et marcher dans l'herbe gelée par la froidure de la nuit. Courser le chien qui joue à cache-cache dans les herbes hautes, grattouiller le chat, me balader dans les champs et m'émerveiller devant les arbres en fleurs. Aller manger des grillades chez mon frère et ouvrir une bonne bouteille. Regarder rosir les nuages au soir tombant et voir peu à peu s'allumer les étoiles. Faire un feu dans la cheminée, regarder la télévision devant des flammes qui dansent dans un joyeux crépitement, et se blottir dans cette tiédeur moelleuse aux parfums boisés. 

    Savourer l'instant présent, pleinement. Et rien d'autre.

    Je réalise combien il est nécessaire, surtout lorsque tout presse, de faire un pas de côté sur le tumultes des jours et la frénésie des semaines qui nous pressent d'être toujours plus productifs, toujours plus efficaces. Toujours plus présents tout le temps et partout à la fois. Cette petite séance de "rien" m'a vraiment fait le plus grand bien. 

    C'est donc dans cette douceur lente et le spectacle d'un ciel rougeoyant que s'est achevé ce mois de février. L'air est frais et seul le chant du vent caressant le blés naissant perturbe la tranquillité vespérale de ce dimanche. Soudain le chien se dresse et se met en arrêt. Trois chevreuils détalent à toute vitesse à une centaine de mètres devant moi. Au loin la lune dessine dans le ciel son cercle blond. Il est temps de rentrer. 

    25 février 2021

    Il faut que tu respires - A propos de l'apnée du sommeil

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    Avant, mes matins étaient groumpf... Mais ça c'était avant.
     
    Voilà un peu plus de deux mois que je suis appareillé pour de l'apnée du sommeil qui me pourrissait les nuits. Pour ceux qui ignoreraient tout de cette pathologie, l'apnée du sommeil est un trouble du sommeil  qui se manifeste par des arrêts involontaires de la respiration, des apnées, pendant le sommeil.
     
    Ces pauses respiratoires se produisent plusieurs fois par nuit, à une fréquence variable. On considère qu’elles sont problématiques lorsqu’il y en a plus de cinq par heure. Dans les cas graves, elles surviennent jusqu’à plus de trente fois par heure. Elles peuvent durer plus de trente secondes. Autrement dit, toutes les deux minutes, la respiration s'arrête pendant plus de dix secondes et l'on ne respire plus. Toutes les heures. Toute la nuit. Toutes les nuits...

    Généralement, ces apnées sont dues à un relâchement de la langue et des muscles de la gorge. Comme ils ne sont plus assez toniques, ils bloquent le passage de l’air lors de la respiration. Ainsi l’air ne circule pas à cause de l’obstruction des voies respiratoires supérieures.

    Au niveau des conséquences, l'apnée du sommeil est évidemment désastreuse sur la qualité du sommeil puisque l'on se réveille régulièrement pour respirer, avec une délicieuse sensation d'étouffement et généralement trempé de sueur. Le sommeil se trouve donc complètement chamboulé. Et le matin au réveil (le vrai !) c'est la catastrophe. Pendant des mois je me suis réveillé complétement à plat et complètement KO, alors que j'avais fait une nuit de huit heures, souvent avec un mal de crâne de tous les diables. Comme l'apnée du sommeil est souvent jumelée à un fort ronflement, ce qui était précisément mon cas, j'avais aussi quasiment tous les matins une sensation d'irritation du fond de la gorge, précisément à cause de ronflements que l'on m'a déjà décrits en termes homériques. Sans compter une somnolence terrible pendant la journée et contre laquelle de devait lutter à grand renfort de caféine. 

    A cela s'ajoutent les effets pervers : comme le corps est épuisé, le cerveau lance des appels de sucre (de l'énergie !) pour combattre la fatigue. On mange donc davantage, avec une inévitable prise de poids. Sans compter que le dérèglement du sommeil engendre un dérèglement total des cycles hormonaux qui ont lieu la nuit. 

    Bref, un désastre.

    En fin d'année dernière, je décidais donc d'aller consulter un pneumologue afin de prendre les choses en main. Après avoir réalisé un examen du sommeil, le diagnostic était posé, sans surprise aucune. Me concernant ce n'est pas une apnée sévère, mais assez importante pour pouvoir être traitée médicalement par un appareil, un genre de pompe qui envoie de l'air par le nez et qui force le passage là où il est bloqué par la langue et la gorge. L'équipement est maintenu par un jeu de sangles élastiques, afin que l'ensemble soit étanche. Niveau visuel, c'est à mi-chemin entre le masque de Dark Vador et un Facehugger d'Alien... Au niveau de la glamouritude, on repassera.  

    Au bout de deux mois, au niveau des effets, c'est formidable. Je dors. Et je dors bien. En ce moment je me fais des nuits de huit heures d'une seule traite, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des années ! Le matin je suis reposé, même s'il m'arrive de faire des rêves assez chelous. Mais surtout je n'ai plus ce foutu mal de tête de l'apocalypse en me levant. Je n'ai plus non plus mal à la gorge. Je suis opérationnel dès mes œufs brouillés avalés et je ne passe plus la matinée complètement amorphe. Et ça, c'est un vrai changement. J'avais oublié que l'on pouvait être bien dès sept heures du matin et parfaitement d'attaque dès huit. Je revis ! Niveau poids, on verra comment cela évolue également. Épaulé par une nutritionniste, j'ai bon espoir de perdre ce qu'il y a en trop d'ici la fin de l'année.

    Purée, j'ai vraiment l'impression de devenir un vieux blogueur pour parler de ça aujourd'hui! 😅

    15 février 2021

    La photo du mois : Minimalisme

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 février, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Pour rappel, chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Ce mois-ci nous devions pencher sur Minimalisme, choisi par Eurydice.

    Avant de me lancer dans la recherche de la photo du mois, je me suis livré à quelques recherches pour savoir de quoi il en retournait exactement du minimalisme. Car, à sujet minimaliste, indications minimalistes, puisque nous n'en avions aucune...

    Selon Wikipédia : 

    "Le minimalisme (ou art minimal) est un courant de l'art contemporain, apparu au début des années 1960 aux États-Unis, en réaction au lyrisme pictural de l'expressionnisme abstrait et en opposition à la tendance figurative et ironique du pop art. Le minimalisme est l'héritier du modernisme, et plus particulièrement du Bauhaus. Il fait sienne la maxime d'un des grands représentants du Bauhaus, Ludwig Mies van der Rohe : « less is more », l'amélioration d'une œuvre se faisant selon les minimalistes par soustraction."

    A cette occasion je (re)découvre que Richard Serra, dont j'avais tant aimé les œuvres gigantesques au musée du Guggenheim de Bilbao, fait partie de ce courant. Halala, qu'est-ce que c'était chouette. Je crois d'ailleurs que j'avais passé un tiers de mon temps uniquement dans cette salle, et un autre tiers à admirer le bâtiment qui, en lui-même, est une œuvre d'art. Il me faudra vraiment y retourner, lorsque la situation sanitaire le permettra. C'est à dire, un jour ! (Et je prends une méchante claque en lisant la date de mon billet d'alors... il y a dix ans...).

    Bref, armé de ces informations et après avoir séché mes larmes, je me suis donc mis au travail, à la recherche d'un sujet un poil intéressant sans être trop exubérant, et d'un décors très sombre pour l'y mettre en valeur. Pas facile a première vue. Mais à bien examiner la situation, j'avais absolument tout sous le nez. Et voilà le résultat. 

    Est-ce que cette photo est assez "less is more" pour satisfaire au thème du mois ?

    Photo prise dans mon bureau, d'une belle amaryllis d'un joli rouge profond qui se déploie jour après jour.

    Hé oui, des plantes, toujours des plantes afin de m'apporter un peu de douceur et d'apaisement dans un monde qui cherche à courir toujours plus vite, sans pour autant savoir où il va. Alors que les plantes poussent toujours au même rythme, quoi que l'on y fasse et quel que pressé que l'on soit...

    La photo minimaliste du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Le souffleur de mots, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Xoliv'.

    13 février 2021

    Rêves

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    Depuis quelques temps, je fais à nouveau des rêves étranges, angoissants et angoissés. Ils sont très clairement le reflet du stress croissant que j'encaisse au boulot, couplé à une violence dont on sous-estime la réalité.

    Comme à leur habitude, mes rêves sont précis, détaillés, en couleurs. Deux m'ont particulièrement marqués au point que je m'en souviens très bien, même plusieurs jours après.

    Le premier concerne ma grand-mère maternelle, décédée il y a plus de dix ans. Le rêve est bref, quelques secondes. La scène se déroule dans les escaliers, chez mes parents. Ma mère accompagne ma grand-mère et l'aide à monter ou descendre les escaliers. Ma grand-mère est très fatiguée, comme elle l'était sur ses dernières années. Je me trouve quelques marches plus haut qu'elle et suis donc en surplomb. 

    Dans un premier temps je ne vois que le sommet de sa tête et ses cheveux gris. Puis ma mère dit : "Elle a été opérée". Je comprends donc qu'elles rentrent de l'hôpital où ma grand-mère a été opérée, sans savoir de quelle opération il s'agit exactement. 

    Puis ma grand-mère tourne la tête vers moi. Son visage est triste et éteint. J'y lis de la douleur et de la détresse. Aussitôt je remarque une cicatrice sur le pourtour de son visage, comme si on le lui avait greffé. Chose étrange, le corps de ma grand-mère se limite à sa tête, posée sur un pied rond, peut-être chromé, comme ceux des télévisions des années 70. Soudain, alors que ma grand-mère essaye de monter une marche, son visage glisse et tombe sur les marches de marbre, découvrant une masse de chair rouge vif. Ma grand-mère tombe. Elle n'est plus qu'un gros pavet de viande hachée, hurlant sa souffrance en silence. 

    Réveil.

    Le second se déroule dans un lieu qui m'est inconnu mais qui pourrait ressembler à un château aux murs de pierre blonde. La scène se déroule à l'entrée d'une vaste pièce. Un grand placard est situé sur la gauche. Je ne suis pas seul dans la demeure : il y a des invités dont je ne connais ni l'identité ni l'allure, et des gens de maison qui me sont tout aussi inconnus. Mais manifestement j'ai mes habitudes dans les lieux. Mon attention se porte sur ce fameux placard, peint en bleu. Une personne qui travaille aux cuisine me montre que la porte droite s'ouvre avec un code. Cette porte, en métal, est en réalité celle d'un passage secret. Je suis émerveillé par cette découverte car il semble que je sois passé devant depuis toujours sans jamais m'être rendu compte de la supercherie. 

    Une fois ouverte, je manipule cette porte, l'ouvre et la ferme et me rend compte qu'il faut un petit tour de main pour réussir à la refermer exactement en raison d'un système de fixation un peu complexe. Puis, je franchis le pas et entre dans le fameux passage secret. 

    Une petite antichambre, elle aussi en pierre blanche, baignée par une douce lumière apaisante qui se diffuse sur la surface calcaire des murs. De là, j'entends ce qu'il se passe dans les pièces de vie, de l'autre côté. Des murmures, des bruits de conversation et de passage, sans être vu. Derrière-moi, une  porte à double battants, en bois blanc, dissimule un escalier en colimaçon, lui aussi en pierre claire, et qui descend. Je l'emprunte aussitôt et parviens à un palier inférieur, bloqué par une porte dont je comprends aussitôt la localisation dans la demeure. L'escalier poursuit encore sa course plus bas, vraisemblablement vers un sous-sol. Mais cette partie-là n'est pas éclairée et se trouve donc plongée dans l'obscurité. Un frisson me parcourt à la pensée de ce qu'il pourrait s'y cacher, et je remonte les marche quatre à quatre.

    Je me retrouve donc à nouveau dans l'antichambre, derrière la porte secrète. Dans mon dos, la porte à double battants. Je suis tout excité de ma découverte et épie encore une fois la vie qui se déroule juste de l'autre côté, sans que personne ne se doute de ma présence. Mais je sens que, derrière moi, quelque chose est en train de gravir les escaliers, depuis le sous-sol et son impénétrable obscurité. Je ne perçois aucun bruit, sinon la sensation de cette présence inquiétante qui s'approche. Ça y est, c'est derrière la porte de bois. Je vois à travers ses yeux. Dans un instant ça sera sur moi... 

    Réveil.

    Moi, angoissé ?

    15 janvier 2021

    La photo du mois : Corps

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 janvier, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois. Ce sera aussi pour le coup mon premier billet de cette année.

    Pour rappel, chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde). 

    Et ce mois-ci, nous avions à traiter le thème "Corps" choisi par Philisine Cave qui nous donnait les indications suivantes : 

    Pour rendre hommage à la très belle chanson de la chanteuse Yseult et aussi pour la multiplicité des définitions de ce mot ce qui offre du coup plein d'interprétations possibles.

    Bon, alors... soyons francs, ce thème ne m'a PAS inspiré du tout. Ce qui explique en partie mon retard sur cette publication. 

    Mais puisqu'il en faut une (et une seule !) ce sera celle-ci :

    Hé oui, un bon gros chat tout rond. Mais ne vous y fiez pas, le corps que je veux vous montrer n'est pas celui de cet animal ma foi fort sympathique. Quoique... Parce qu'en effet, c'est un peu à ce chat, béat de bonheur et rempli à satiété, que l'on ressemble lorsque l'on ressort de l'échoppe où j'ai pris ma photo.

    Certains Toulousains auront peut-être reconnu les bols caractéristiques de l'une de mes cantines : un petit restaurant chinois à deux pas de la place du Capitole, qui cuisine des bons petits plats comme là-bas. L'on peut y savourer entre autres une excellente soupe de raviolis, des tripes de bœuf froides qui font mon bonheur, ou une salade de nouilles froide absolument divine. Il faut aussi goûter cette exquise sauce noire au poivre de Sichuan aux saveurs déroutantes qui font voyager les papilles, et que je réclame systématiquement. 

    Un petit coin de bonheur où l'on cuisine à grands coups de sourire et où l'on se fait autant de bien à l'esprit qu'au corps. En ces temps difficiles, vous comprendrez pourquoi il m'est si précieux.

    La photo du mois continue chez les copains et les copines : 

    31 décembre 2020

    Cuisiner avec le diable

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    Pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, je me trouvais au cœur de la patrie du cassoulet. Non pas pour en savourer un en bonne compagnie mais pour me balader. Car oui, toi lecteur d'un jour ou d'une vie, sache que Castelnaudary est une charmante ville que traverse le Canal du Midi dans laquelle il fait bon venir se promener.

    Sortant de ma voiture à peine garée sur un vaste parking situé en contrebas de la vieille ville, je me trouvai nez à nez avec une boutique du meilleur aloi offrant à la vue du visiteur toute une variété de conserves et de préparations locales. Malgré mon appétence notoire pour la bonne chaire, mon œil fut en réalité attiré par les poteries culinaires exposées en devanture. D'abord toute une série de cassoles de toutes les tailles imaginables, allant de la portion individuelle à des volumes bien plus généreux, puis des plats ronds vernissés, enfin un drôle d'engin ressemblant à une sorte de grosse terrine ovoïdale dont j'ignorais tout autant le nom que la fonction.

    En effet je suis friand de ces vieilleries qui racontent une histoire, comme les casseroles en cuivre étamé et les cocottes en fonte qui constituent la base de ma batterie de cuisine ou encore la jolie cassole que j'utilise à l'occasion. Est-ce que mon plat sera meilleur là dedans que dans une cocotte en fonte que je mettrai au four de la même manière ? Peut-être. Je n'en sais rien, et je m'en contrefiche car, au fond, ce n'est pas cela qui est important. Non : ce qui m'importe c'est le plaisir de cuisiner, d'essayer et de surprendre mes convives.

    Évidemment intrigué par l'allure ésotérique du bidule, je poussais la porte du magasin pour examiner l'objet d'un peu plus près. Je l'ignorais à cet instant mais il m'en fallait absolument un.

    Vu de plus près, l'objet ressemble à un gros vase ou pot en terre rouge typique de l'argile que l'on trouve dans la région, et que l'on aurait coupé verticalement environ au premier tiers puis disposé horizontalement. 


    L'intérieur est vernissé pour le rendre étanche et apte à un usage alimentaire. La partie inférieure, la plus grosse, est munie de deux anses afin de pouvoir la transporter. Le couvercle, vernissé également, est muni de deux petite proéminences moulés dans la masse qui permettent de le manipuler aisément. Les trous que l'on y voit m'ont l'air d'avoir été pratiqués afin de solidariser les boutons au reste.
     
    Les deux parties jointent à peu près hermétiquement. L'irrégularité de la découpe rend chaque pièce unique. En particulier il semble impossible de faire refaire un couvercle aux dimensions en cas de casse. Il faudra donc être prudent.
     

    La dame qui tient la boutique m'a expliqué que cet objet s'appelle un diable. A titre personnel, elle y prépare ses pommes de terres et légumes farcis ainsi que ses poulets. On pourrait s'en servir pour cuisiner tout un tas de trucs, du simple ragout de légumes au poulet rôti du dimanche, en passant par l'épaule d'agneau. La cuisson se fait au four, bien entendu, mais le diable peut tout aussi bien se poser sur la braise où il remplira parfaitement son office.

    Malgré quelques recherches, j'ignore pourquoi cet objet s'appelle un diable. Car, en cuisine, un diable c'est tout autre chose - une sorte que casserole rondouillarde - et cela sert à cuire les patates. Peut-être les deux petites cornes qui servent à manipuler le couvercle et à son utilisation dans un feu de bois, en ont-elles suggéré le nom ? 

    Comme je l'ai déjà écrit un peu plus haut, je n'avais absolument pas besoin de ce bidule tout de même assez encombrant (il occupe à lui seul près de la moitié de ma plaque de cuisson qui est en 90 !). Paradoxalement, c'est son caractère totalement superflu qui le rend parfaitement indispensable. Et j'imagine très bien que l'on puisse y préparer, de manière totalement hérétique - quoique la provenance de l'objet et son lieu de fabrications constituent d'indéniables circonstances atténuantes - un délicieux cassoulet, des ragouts et, probablement aussi, toute la cuisine qui se fait dans ce genre d'ustensile, comme elle se pratique en Alsace par exemple J'ai d'ailleurs récupéré quelques fiches de recettes laissées en libre service à la caisse de l'antre des merveilles, afin de guider mes élans créatifs.

    A présent il ne me reste pus qu'une chose à faire : l'essayer !

    27 décembre 2020

    L'union fait la force et l'oignon fait la soupe !

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    Aujourd'hui je vais te raconter ma soupe à l'oignon. Hé oui. Parce que les choses simples, on les laisse parfois un peu trop de côté, sans raison. On cherche les recettes compliquées pour en mettre plein la vue. Je te propose humblement de t'en mettre plein les papilles.

    Pourtant la soupe à l'oignon c'est facile à préparer et c'est rudement bon. Et en ces temps de fêtes, c'est parfait pour remettre les estomacs fragiles d'aplomb.

    Des recettes de soupe à l'oignon, il doit en exister autant que de recettes de paella, de soupe au choux et de tout un tas d'autres recettes des familles. Peu importe. Moi je fais celle que j'aime. Parce qu'on ne le dira jamais assez, la cuisine c'est d'abord de  l'amour. De l'amour que l'on s'offre à soi et que l'on partage avec ceux que l'on aime. Quand on comprend ça, on comprend beaucoup de choses.

    Les prérequis sont enfantins : une grande cocotte, un peu d'huile, des oignons, un verre de vin blanc sec, de l'ail, sel, poivre, quelques os ou du bouillon en cube. C'est tout... Pas besoin d'aller chercher très loin.

    Allez, viens, je te montre.

    1/ Pour faire de la soupe à l'oignon il te faut commencer par armer un grand faitout ou une grande cocotte d'au moins cinq litres. Si tu utilises un récipient plus petit, il faudra adapter les proportions. C'est très facile, tu verras. Donc, au fond de ta cocotte, tu mets un peu de gras à chauffer. Deux ou trois bonnes cuillerées à soupe d'huile d'olive ou de tournesol, ou un peu de gras de canard, un bout de lard de cochon (du lard fumé si tu en as, ce devrait être excellent), bref ce que tu as. L'autre jour j'ai utilisé un fond de graisse de foie gras et c'était très bien. Tu mets sur un feu tout doux. C'est important.

    2/ Pendant que ta cocotte chauffe lentement, il faut préparer les oignons. Moi j'aime bien mélanger les variétés, parce que c'est joli dans mon panier et parce qu'elles ont chacune leur  petit parfum et leur texture une fois cuits. L'oignon rouge, comme sur la photo, donne un goût un peu plus sucré et reste très ferme à la cuisson. Mais si tu n'as que de l'oignon jaune ça ira très bien.

    Niveau quantité, des oignons il t'en faudra environ beaucoup. Je ne sais pas te dire combien exactement mais deux kilos me parait un minimum. Tu les épluches et tu les éminces avec un bon couteau. S'il tranche bien tu ne pleureras (presque) pas. La bonne quantité est atteinte lorsque tes oignons émincés remplissent à peu près la moitié de ta cocotte. Si au milieu de tes oignons se cachent quelques échalotes, ne les gronde pas et mets-les avec, ce sera très bon. Ajoute également ton ail épluché et dégermé si tu ne le digères pas. Personnellement je coupe les gousses en deux, sans m'escrimer à le hacher fin. 

    3/ Ensuite, il va falloir faire fondre tout ça sur un feu pas trop fort pour que ça n'attache pas. Si ça commence à accrocher, baisse immédiatement le feu. La coloration va être plutôt lente. Alors arme-toi d'une spatule en bois et d'un peu de patience, et touille un peu de temps en temps en raclant bien le fond de la marmite pour décoller les sucs. 

    Il ne faut pas couvrir, ou pas complètement, sinon les oignons ne vont pas colorer. Et c'est quand même l'objectif : obtenir une belle couleur caramel assez foncée. Plus la couleur sera prononcée et plus intense sera l'arôme de la soupe. Cette phase est donc fondamentale puisque c'est là que tout se joue. Alors prends patience !

    4/ Au bout d'une bonne demi heure voire trois bons quarts d'heure, les oignons auront réduit des deux tiers et auront pris une belle couleur caramel. Plus la couleur sera foncée et plus la soupe aura de goût. 

    Si ce n'est pas encore le cas, patiente en te servant un petit canon avec le blanc que tu vas utiliser dans la recette. Au moins tu seras certain que le vin n'est pas bouchonné ! 

    Quand ça te paraît bien, ajoute un bon grand verre de vin blanc sec et fais réduire sur un feu un peu plus vif. Ne te casse pas la tête, n'utilise pas la meilleure bouteille de ta cave. Personnellement j'utilise un petit Sauvignon de pays à 3,50€ qui va très bien. Un Bordeaux Graves fera aussi parfaitement l'affaire.

    5/ Quand tout a réduit et que ça crépite de bonheur, commence à remplir une carafe d'eau du robinet. Si tu as un bout de carcasse de volaille, des os à moelle ou que sais-je, tu peux les ajouter à tes oignons. Ça n'en sera que meilleur. 

    Aujourd'hui j' ai mis deux os à moelle et de la queue de bœuf. Parce que c'est bon la queue. Si tu n'as rien de tout cela ou si tu n'aimes pas, tu peux ajouter un peu de fond de veau ou un ou deux cubes de bouillon de volaille ou de bœuf, ça fera très bien l'affaire.


    6/ C'est enfin le moment de couvrir le tout avec de l'eau en remplissant ta cocote jusqu'à 2 centimètres du bord. N'ai pas peur de tout noyer : ça va réduire. Maintenant tu sales et tu poivres généreusement. Si tu as des feuilles de laurier, tu peux en mettre un bout, mais pas trop sinon ça risque de dominer. On évite le girofle et le genièvre qui, à mon sens, n'ont pas grand chose à faire dans cette histoire. Restons simples !
     
    Et maintenant il faut laisser la magie opérer en laissant infuser le tout pendant au moins deux heures, à feu doux, sans couvrir complètement pour qu'un peu du volume s'évapore et que les sucs se concentrent bien. Dans quelques instants, toute la maison va sentir bon la soupe. Tu vas voir, c'est magnifique ! 
     
    7/ Avant de servir, retire les os si tu en as mis, et passe un rapide coup de mixer, sans mouliner complètement. La soupe va prendre une consistance assez épaisse et une couleur bien rousse voire marron foncé. Rectifie l'assaisonnement si nécessaire en sel et poivre. Sers dans le récipient de ton choix, et savoure brûlant à grandes lampées.
     
    Voilà, tu sais tout, ou presque. A partir de cet instant, les possibilités sont infinies. Tu peux même faire gratiner ta soupe sous le grill du four, après l'avoir recouverte de fromage rappé. C'est très décadent et délicieux. Sois sans crainte, je ne te jugerai pas...

    Sache par exemple que, dans le Cantal, pour les fêtes et les mariages, on réserve à cette soupe un destin extraordinaire. Après en avoir préparé une généreuse marmite, on remplit une soupière de tranches de gros pain rassis, alternées avec des tranches de vieux Salers. On verse ensuite la soupe brûlante dans la soupière que l'on referme avec son couvercle. Puis l'on attend, religieusement, pendant une dizaine de minutes, le temps de croquer une tranche d'andouillette avec les copains et de trinquer ensemble. Quelques instants plus tard, quand les dieux et divinités de la soupe à l'oignon ont magnifié leur œuvre dans le secret de cet écrin de faïence, on sert les convives de ce syncrétisme parfait, constitué de pain gorgé de soupe et de fromage fondu. Une bonne louchée bien généreuse. C'est alors que se noue un face à face quasi mystique chacun devant son assiette. La vérité est là, dans la simplicité rustique de ce plat venu du fond des âges. A cet instant précis se rejoue l'un des grands moments de l'histoire de la soupe. Je te souhaite d'en être, toi aussi, un jour.

    Bon appétit. Tu l'as mérité.

    21 décembre 2020

    Les derniers mètres

    2 commentairess

    Encore quelques jours, encore quelques heures à tenir avant de fermer temporairement les portes du bureau. Il est vraiment temps de faire une pause car je suis à bout de force, de patience, d'indulgence, de volonté. 

    Besoin d'une respiration, après des derniers mois éprouvants, des semaines de soixante dix heures, des weekends inexistants, une pression du boulot souvent détestable, des clients pénibles.

    Besoin de renouer avec des plaisir simples et d'en jouir pleinement. De lâcher prise et de jeter un gros oreiller moelleux sur les tracas du quotidien. Fermer les écoutilles et tout oublier. Le boulot, passionnant mais terriblement envahissant. La pandémie et les contraintes du confinement qui rythment nos journées. Les discours anxiogènes qui n'aident pas à garder le moral...

    Oui, j'ai vraiment hâte de ces fêtes de fin d'année, de leur douceur, du relâchement qu'elles appellent, des plaisirs qu'elles annoncent, du réconfort qui en résultera.

    Prendre le temps, et prendre le temps de ne rien faire, sans contrainte. Me prélasser au coin du feu une tasse de chocolat chaud à la main, faire des gaufres et laisser l'odeur du sucre qui cuit embaumer la maison. Dormir à ma guise sans l'oppression du réveil...

    Encore quelques heures. 
    Encore quelques jours.